En date du 17 juin 2025
Les élus du Haut Limousin en Marche chahutés à propos de la gestion des déchets et des points d’apport volontaire.
Lundi soir s’est tenue une réunion de la communauté de communes du Haut Limousin en Marche. Des opposants au projet de points d’apport volontaire (PAV) attendaient les élus et se sont « invités » au débat d’une délibération votée sous tension.
En dépit de l’opposition opiniâtre des membres du collectif et malgré les arguments partagés par les quelque 10.000 signataires de la pétition en cours, les promoteurs et partisans du projet de PAV (impliquant la suppression du ramassage des ordures ménagères résiduelles en porte-à-porte) entendent manifestement le mettre en application dès le 1er septembre, provoquant la colère d’une très large partie de la population.
Avant le début de la réunion, à l’extérieur, lors du passage des élus devant les manifestants, les huées ont fusé, parfois ponctuées par le slogan « Les ordures à la poubelle ! » et autres expressions « fleuries ». Ils étaient ainsi une petite centaine à montrer leur détermination à poursuivre la lutte, leur volonté de ne pas céder, puis sont entrés dans la salle lorsque la réunion a débuté. La tension était palpable, renforcée par la présence de deux gendarmes de la brigade de Magnac-Laval.
Un service spécifique
Une délibération portant sur « le règlement du service de prévention et de gestion des déchets » prévoit la mise en place d’un service spécifique pour les habitants ne pouvant se rendre ou utiliser les PAV.
Jean-Claude Boulle, le maire de Saint-Bonnet-de-Bellac, s’est inquiété des conditions de recensement des personnes éligibles, laissé au soin des communes : « Compte tenu de la démographie de notre communauté, quel en sera le nombre ? Comment les gens qui en ont besoin se feront connaître ? Cela va nécessiter une communication efficace afin que personne ne passe à travers les mailles du filet ».
Jacques de la Salle, le vice-président en charge des ordures ménagères, s’est voulu rassurant précisant que les structures d’aides à domicile, les assistantes sociales, les CCAS comme les familles pourront faire remonter les informations afin que personne ne soit laissé de côté. De plus, une période test s’étendra jusqu’en septembre 2026 (facture identique au service actuel) : l’ouverture avec le badge permettra de « quantifier » les besoins.
Francis Martin, élu municipal à Magnac-Laval, a lancé : « Ce changement de méthode a été voté en 2024 et on ne peut toujours pas dire ce que ‘‘l’incitatif’’ va coûter. Le tarif est un élément fondamental. Ce dossier a été mal préparé et mal ficelé. Vous n’avez pas fait votre job. J’espère que la population va sanctionner votre politique », ajoutant : « Ce report de calendrier, c’est comme dire à la prochaine mandature de se débrouiller avec ».
Pour Michel Rousseau, le 1er adjoint de Dompierre-les-Églises, « ça va être une pagaille humaine et écologique. Vous vous trompez dans les grandes largeurs ».
Au milieu de ces échanges, les opposants n’ont pas manqué de verbaliser mécontentement. « Respectez le peuple ! » a-t-on entendu, parmi d’autres formules empreintes, le cas échéant, d’une moindre courtoisie.
Au final, le vote à bulletin secret n’ayant pas recueilli le nombre de voix nécessaire (15 au lieu de 16 !), les élus ont délibéré à main levée : 36 pour, 18 contre et 1 abstention